Illustration : Point Vision : des bases de données de patients téléchargées via une faille de son prestataire

Point Vision : des bases de données de patients téléchargées via une faille de son prestataire

Point Vision a adressé à ses patients un second courriel au sujet de la cyberattaque visant son prestataire de gestion des rendez-vous. L’établissement y indique qu’une vulnérabilité affectant les solutions de ce prestataire a permis à une personne non autorisée d’accéder à son environnement de gestion des rendez-vous. Selon Point Vision, cette personne est à l’origine d’un téléchargement non autorisé de bases de données contenant certaines données personnelles de patients.

Capture du second courriel de notification adressé par Point Vision à ses patients
Second courriel de notification de Point Vision à ses patients (extrait).

Mise à jour du 24 octobre 2026

Selon ce second courriel, dont la capture ne montre pas la date d’envoi, les données de Point Vision n’étaient pas hébergées sur l’environnement compromis du prestataire. L’accès a visé l’environnement de gestion des rendez-vous de Point Vision lui-même, par une vulnérabilité des solutions de ce prestataire. Ce courriel contredit le premier, qui situait l’accès dans l’environnement du prestataire et n’évoquait que la possibilité d’une consultation ou d’un téléchargement. Le téléchargement est désormais déclaré par l’établissement.

Le courriel cite le nom, le prénom, la date de naissance et les coordonnées saisies lors de la prise de rendez-vous : adresse postale, adresse électronique et/ou numéro de téléphone. Il cite aussi certains échanges relatifs à l’organisation et aux consignes de rendez-vous.

Point Vision indique ne pas avoir pu établir que les mots de passe des comptes ou les motifs de rendez-vous ont été consultés ou téléchargés, et précise que cette possibilité ne peut être exclue. La liste des données de ce second courriel ne mentionne pas le numéro de sécurité sociale, que citait le premier. Cette omission ne signifie pas qu’il soit hors de cause : l’échantillon mis en vente le 28 septembre 2026 en contient. Le nombre de patients concernés n’est toujours pas communiqué.

Une notification authentique ne demande ni mot de passe ni coordonnées bancaires. En cas de doute sur un message se présentant comme une suite de cet incident, mieux vaut rappeler son centre à un numéro déjà connu.

Mise à jour du 29 septembre 2026

Le prestataire visé est identifié : il s’agit d’Alaxione, éditeur de logiciels d’agenda médical. Le 28 septembre 2026, un vendeur a mis en vente sur un forum cybercriminel une base présentée comme celle des patients d’Alaxione, extraite selon lui auprès de 168 centres médicaux. D’après le vendeur, 67 de ces centres sont des centres Point Vision.

L’échantillon qu’il a publié contient des données de patients de Point Vision et cite des dizaines de ses centres. Ces fiches portent l’identité, la date de naissance, l’adresse, le téléphone et l’adresse électronique des patients. Une partie d’entre elles porte le numéro de sécurité sociale.

L’échantillon contient aussi des éléments que la notification n’excluait pas ou ne mentionnait pas :

  • des comptes patients en ligne avec des empreintes de leurs mots de passe, sans mot de passe en clair ;
  • des messages échangés entre secrétariats et praticiens au sujet de patients, dont une partie évoque une ordonnance, un traitement ou une intervention ;
  • des SMS de rendez-vous et des rendez-vous déplacés ;
  • des fiches de patients mineurs.

Les données de Point Vision présentes dans l’échantillon comportent des écritures jusqu’au 28 septembre 2026, soit après la première notification adressée aux patients et la fermeture de l’accès distant qu’elle annonçait.

Les patients de Point Vision qui disposent d’un compte en ligne pour leurs rendez-vous ont intérêt à en changer le mot de passe, et à changer aussi celui de tout autre compte où ils l’auraient réutilisé. Ils ont intérêt à se méfier de tout SMS, appel ou courriel se réclamant de leur centre, de l’Assurance maladie ou de leur mutuelle.

La première notification

Les patients de Point Vision, réseau français de centres d’ophtalmologie, avaient d’abord été informés d’un incident survenu chez le prestataire qui gère et organise les rendez-vous du réseau. L’établissement indiquait que les investigations avaient confirmé qu’une personne non autorisée avait accédé à l’environnement informatique de ce tiers, avec la possibilité d’une consultation ou d’un téléchargement non autorisé de certaines données de patients.

Selon ce premier courriel, les données concernées portent sur l’identité des patients (nom, prénom et date de naissance) et sur les coordonnées saisies lors de la prise de rendez-vous (adresse postale, adresse électronique ou numéro de téléphone). Point Vision citait aussi certains échanges relatifs à l’organisation et aux consignes de rendez-vous, ainsi que le numéro de sécurité sociale.

Deux autres catégories restaient ouvertes. Point Vision indiquait ne pas pouvoir exclure que les motifs de rendez-vous ou les mots de passe des comptes aient été consultés, une partie des traces de l’activité de l’attaquant ayant été supprimée. Selon l’établissement, ces motifs peuvent révéler des éléments relatifs à la santé.

Associé au nom, à la date de naissance et aux coordonnées, le numéro de sécurité sociale expose les patients à des tentatives d’usurpation d’identité et à des messages frauduleux crédibles, se présentant par exemple comme venant du centre ou de l’assurance maladie.

Un incident lié à un prestataire de gestion des rendez-vous

Point Vision précise que les systèmes où sont conservés les dossiers médicaux sont distincts de l’environnement compromis, et qu’aucun accès non autorisé n’y a été mis en évidence à ce jour.

L’établissement a suspendu les accès du prestataire à ses systèmes et renouvelé les moyens d’authentification. Selon Point Vision, le prestataire a de son côté sécurisé l’environnement compromis et fermé l’accès distant litigieux. Point Vision ne nomme pas ce prestataire et ne communique ni le nombre de patients concernés, ni la date de l’intrusion.

La politique de confidentialité de Point Vision désigne la société Alaxione comme prestataire de gestion des agendas. Cet éditeur de logiciels médicaux a fait l’objet d’une revendication publiée le 19 août 2026 sur un forum cybercriminel, portant sur des données de patients et de rendez-vous. Le rapprochement entre les deux incidents était alors probable ; il est établi depuis la mise en vente du 28 septembre.

Données concernées selon Point Vision :

  • Nom, prénom et date de naissance
  • Adresse postale
  • Adresse électronique
  • Numéro de téléphone
  • Numéro de sécurité sociale (premier courriel)
  • Échanges relatifs à l’organisation et aux consignes de rendez-vous

Consultation ou téléchargement non exclus par Point Vision :

  • Motifs de rendez-vous
  • Mots de passe des comptes

Présent dans l’échantillon mis en vente le 28 septembre 2026 :

  • Empreintes des mots de passe des comptes patients
  • Messagerie entre secrétariats et praticiens au sujet de patients
  • SMS et rendez-vous déplacés
  • Données de mineurs

Sources :

Mentions :
Statut Fuites Infos : Confirmée

Que faire si vous êtes concerné ?

  • Changez votre mot de passeModifiez le mot de passe de votre compte Point Vision, puis celui de tout autre service où vous utilisiez le même. Activez la double authentification lorsqu'elle est proposée.
  • Méfiez-vous des e-mails au nom de Point VisionDes coordonnées exposées permettent d'écrire des messages d'hameçonnage très crédibles. Ne vous connectez jamais depuis un lien reçu par e-mail : passez par le site ou l'application officiels.
  • Restez vigilant face aux appels et SMSUn faux conseiller peut citer des informations exactes pour gagner votre confiance. Ne communiquez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou vos coordonnées bancaires à un interlocuteur qui vous contacte.
  • Attention aux faux messages de l'Assurance maladie ou d'une mutuelleL'Assurance maladie ne demande jamais vos coordonnées bancaires par e-mail ou par SMS. En cas de doute, connectez-vous directement à votre compte ameli ou à l'espace adhérent de votre mutuelle.
  • Soyez attentif aux tentatives d'usurpation d'identitéSurveillez tout courrier inhabituel ouvert à votre nom : crédit, abonnement, contrat. Si vous constatez une usurpation, déposez plainte et conservez le récépissé, il vous sera demandé pour contester.
  • Parlez-en aux enfants concernésDes messages peuvent viser directement les élèves ou leurs parents. Rappelez-leur de ne pas répondre à un message inattendu qui cite leur établissement ou leur classe.
  • Faites-vous aiderLe dispositif public cybermalveillance.gouv.fr accompagne gratuitement les victimes et recense les arnaques en cours.

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