Illustration : Fédération Française de Karaté : fuite de données sur 2 757 786 licenciés

Fédération Française de Karaté : fuite de données sur 2 757 786 licenciés

Plus de trente saisons de licenciés de la Fédération Française de Karaté circulent désormais sans contrepartie. Depuis le 16 août 2026, un fichier de près de 2,8 millions de lignes, qui correspondent à 2 757 786 personnes distinctes, est proposé en téléchargement libre. Environ 452 000 d'entre elles sont aujourd'hui mineures.

Quatre publications successives sur des forums cybercriminels depuis janvier 2026

Le 31 janvier 2026, un premier acteur a mis en ligne un fichier de 1 207 lignes limité à un comité départemental et à un club, présenté comme issu d'un piratage daté du 22 décembre 2025, obtenu au moyen d'un mot de passe d'administration. Le 26 février 2026, un deuxième a mis en vente une base présentée comme celle de la fédération, sans en annoncer le volume, avec un échantillon correspondant à la saison 2010-2011.

Le 15 août 2026, un troisième a annoncé 2 800 000 lignes présentées comme la base complète, réservées aux membres d'un forum disposant de points. Le lendemain, un quatrième l'a proposée en téléchargement libre sur un hébergeur de fichiers grand public : c'est la première mise à disposition de l'ensemble complet sans contrepartie.

Ce que contient le fichier de la Fédération Française de Karaté

Chaque licencié n'y figure qu'une fois. Les informations couvrent l'état civil, la date de naissance, l'adresse postale, l'adresse électronique et le téléphone, ainsi que la licence, le club, la ligue et la catégorie d'âge. Elles s'étendent sur l'ensemble du territoire et les collectivités d'outre-mer. Aucun élément d'authentification ni aucune donnée bancaire n'y figure.

Parmi les mineurs, près de 193 000 ont moins de treize ans, et le fichier donne l'adresse de leur foyer : il permet de relier un enfant à son domicile et à son club. Librement téléchargeable, il peut désormais être consulté par un public bien plus large qu'une base réservée à quelques acheteurs.

L'incident est tenu pour confirmé : les quatre publications procèdent d'un même export de l'outil fédéral de gestion des licences et se recoupent sur leur contenu comme sur leur périmètre. Cette confirmation ne vient pas de la fédération, dont aucune communication officielle n'a été identifiée à ce stade.

Détails techniques :

  • 31 janvier 2026 : fichier de 1 207 lignes (un comité départemental et un club), compromission datée du 22 décembre 2025 via un mot de passe d'administration
  • 26 février 2026 : base mise en vente sans volume annoncé, échantillon de la saison 2010-2011
  • 15 août 2026 : 2 800 000 lignes annoncées, réservées aux membres disposant de points
  • Lendemain : ensemble complet en téléchargement libre sur un hébergeur de fichiers grand public
  • Environ 2,78 millions de lignes, soit environ 2,76 millions de personnes distinctes
  • Environ 452 000 personnes aujourd'hui mineures, dont près de 193 000 de moins de treize ans
  • Même export de l'outil fédéral de gestion des licences, plus de trente saisons couvertes
  • Aucun élément d'authentification ni donnée bancaire

Données concernées :

  • Nom complet et civilité
  • Date de naissance
  • Adresse email
  • Numéro de téléphone
  • Adresse postale
  • Numéro de licence
  • Données d'adhésion (club, ligue, catégorie d'âge)
  • Données de mineurs

Mentions :
Statut Fuites Infos : Confirmée

Que faire si vous êtes concerné ?

  • Méfiez-vous des e-mails au nom de Fédération Française de KaratéDes coordonnées exposées permettent d'écrire des messages d'hameçonnage très crédibles. Ne vous connectez jamais depuis un lien reçu par e-mail : passez par le site ou l'application officiels.
  • Restez vigilant face aux appels et SMSUn faux conseiller peut citer des informations exactes pour gagner votre confiance. Ne communiquez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou vos coordonnées bancaires à un interlocuteur qui vous contacte.
  • Soyez attentif aux tentatives d'usurpation d'identitéSurveillez tout courrier inhabituel ouvert à votre nom : crédit, abonnement, contrat. Si vous constatez une usurpation, déposez plainte et conservez le récépissé, il vous sera demandé pour contester.
  • Parlez-en aux enfants concernésDes messages peuvent viser directement les élèves ou leurs parents. Rappelez-leur de ne pas répondre à un message inattendu qui cite leur établissement ou leur classe.
  • Faites-vous aiderLe dispositif public cybermalveillance.gouv.fr accompagne gratuitement les victimes et recense les arnaques en cours.

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