Illustration : SNOSM : fuite revendiquée visant 139 128 victimes d'accidents en montagne

SNOSM : fuite revendiquée visant 139 128 victimes d'accidents en montagne

Des personnes secourues après un accident en montagne, dont une part notable de mineurs, pourraient voir leur âge, leur commune, leur nationalité et leur état médical exposés. Selon une revendication publiée le 9 juillet 2026 sur un forum cybercriminel, les fiches d'environ 139 000 victimes auraient été dérobées au Système national d'observation de la sécurité en montagne (SNOSM). Ce dispositif public d'observation des accidents en montagne est hébergé par l'École nationale des sports de montagne (ENSM), établissement placé sous la tutelle du ministère des Sports, sur son site de Chamonix.

Ce que le SNOSM aurait perdu dans la cyberattaque présumée

D'après l'annonce, c'est l'ensemble du serveur du dispositif qui aurait été visé. Les pirates affirment en avoir extrait le code source de l'application, sa base de données, onze années de correspondance électronique de service, de 2015 à 2026, ainsi que des secrets techniques comme des clés d'accès. La base contiendrait les fiches statistiques d'accidents établies à partir des secours et des bulletins de sécurité. La publication est présentée par ses auteurs comme militante. Ni l'ENSM ni une autorité n'ont confirmé ces éléments à ce stade.

Des victimes et des agents publics concernés

Les fiches des victimes porteraient sur l'âge ou la date de naissance, le sexe, la commune, la nationalité et l'état médical constaté, avec des éléments de localisation. L'état de santé fait partie des informations que la loi protège le plus, et une part notable des personnes concernées serait mineure. Les messageries de service ajouteraient les noms, adresses électroniques, numéros de téléphone et adresses postales de contacts institutionnels, dont plusieurs adresses gouvernementales, ainsi que le contenu des échanges.

Pour les victimes, le rapprochement entre un accident, une commune et un âge pourrait suffire à reconnaître une personne dans son entourage. Pour les agents et partenaires du dispositif, des échanges réels et des coordonnées officielles offriraient une matière crédible à des messages frauduleux se faisant passer pour un service de l'État.

Détails techniques :

  • Compromission annoncée de l'intégralité du serveur du dispositif
  • Code source, base de données, correspondance électronique de service de 2015 à 2026 et secrets techniques annoncés
  • De l'ordre de 139 000 enregistrements de victimes (âge, sexe, commune, nationalité, état médical)
  • Part notable de victimes mineures selon les éléments publiés
  • Mots de passe sous forme hachée, clés d'accès et jetons d'authentification annoncés
  • Plusieurs adresses gouvernementales parmi les contacts des messageries

Données concernées :

  • Date de naissance et âge
  • Civilité (sexe)
  • Nationalité
  • Ville (commune)
  • Géolocalisation
  • Données de santé, dossier médical et données sensibles (état médical des victimes)
  • Données de mineurs
  • Nom complet, adresse email, numéro de téléphone et adresse postale (contacts des messageries)
  • Données professionnelles
  • Identifiant de connexion et mot de passe (haché)
  • Clé d'accès ou d'API et jeton d'authentification
  • Contenu de messages et champs libres
  • Identifiant interne

Mentions :
Statut Fuites Infos : Revendiquée

Que faire si vous êtes concerné ?

  • Changez votre mot de passeModifiez le mot de passe de votre compte Système national d'observation de la sécurité en montagne (SNOSM), puis celui de tout autre service où vous utilisiez le même. Activez la double authentification lorsqu'elle est proposée.
  • Méfiez-vous des e-mails au nom de Système national d'observation de la sécurité en montagne (SNOSM)Des coordonnées exposées permettent d'écrire des messages d'hameçonnage très crédibles. Ne vous connectez jamais depuis un lien reçu par e-mail : passez par le site ou l'application officiels.
  • Restez vigilant face aux appels et SMSUn faux conseiller peut citer des informations exactes pour gagner votre confiance. Ne communiquez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou vos coordonnées bancaires à un interlocuteur qui vous contacte.
  • Attention aux faux messages de l'Assurance maladie ou d'une mutuelleL'Assurance maladie ne demande jamais vos coordonnées bancaires par e-mail ou par SMS. En cas de doute, connectez-vous directement à votre compte ameli ou à l'espace adhérent de votre mutuelle.
  • Soyez attentif aux tentatives d'usurpation d'identitéSurveillez tout courrier inhabituel ouvert à votre nom : crédit, abonnement, contrat. Si vous constatez une usurpation, déposez plainte et conservez le récépissé, il vous sera demandé pour contester.
  • Parlez-en aux enfants concernésDes messages peuvent viser directement les élèves ou leurs parents. Rappelez-leur de ne pas répondre à un message inattendu qui cite leur établissement ou leur classe.
  • Faites-vous aiderLe dispositif public cybermalveillance.gouv.fr accompagne gratuitement les victimes et recense les arnaques en cours.

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