Illustration : Fuite de données de santé chez Jinko : l'éditeur confirme l'exfiltration

Fuite de données de santé chez Jinko : l'éditeur confirme l'exfiltration

Des personnes suivies pour un cancer avec l'application Jinko voient le détail de leur parcours de soins exposé après un piratage. Une revendication publiée le 7 septembre 2026 sur un forum cybercriminel a mis en ligne la base du service. L'éditeur a confirmé le soir même, auprès de France Inter, un accès non autorisé et l'exfiltration de données. Éditée par une société créée en 2023 et installée à Clichy, Jinko accompagne les personnes atteintes d'un cancer.

Ce que l'éditeur a confirmé

Contactée par France Inter le 7 septembre 2026 au soir, l'équipe de Jinko a confirmé l'accès non autorisé et l'exfiltration de données. Elle se dit profondément désolée. Elle indique avoir sécurisé ses systèmes et informé les personnes concernées. Elle annonce le dépôt d'une plainte.

L'éditeur n'a pas communiqué de nombre de personnes touchées. Après analyse du fichier diffusé, Fuites Infos estime ce nombre à environ 3 600 personnes. Ce total réunit près de 3 500 patientes et patients et environ 180 professionnels de santé.

Ce que contient la base diffusée

L'acteur présente son dépôt comme la base complète du service. Il annonce 3 552 comptes d'utilisateurs et 142 médecins. Au-delà de l'identité et des coordonnées (nom, adresse électronique, téléphone, date de naissance), la base porte un profil clinique détaillé : type et stade du cancer, présence de métastases, traitements en cours et passés, antécédents chirurgicaux et familiaux, médicaments, réponses à des questionnaires de qualité de vie.

S'y ajoutent les échanges avec les équipes soignantes et les notes libres rédigées par les soignants. La base contient aussi des documents médicaux, des photographies et des enregistrements vocaux. Les catégories recensées couvrent en outre la situation familiale et professionnelle et d'éventuelles aides sociales. Quelques fiches portent une date de naissance correspondant à un âge mineur. D'après l'annonce, l'ensemble proviendrait d'un export de la base de données et de l'espace de stockage de l'application.

Des informations médicales qui ne se changent pas

Contrairement à un mot de passe, un diagnostic, un stade de maladie ou des traitements passés ne peuvent pas être modifiés après une fuite. Leur exposition touche à l'intimité des personnes malades et de leur entourage. Réunies avec le nom, la date de naissance et le téléphone, ces informations peuvent servir à des messages frauduleux très ciblés. Ces messages pourraient se réclamer d'un établissement de soins ou de l'application elle-même, en s'appuyant sur des détails médicaux réels. Les photographies et les enregistrements vocaux ajoutent une dimension encore plus personnelle.

Détails techniques :

  • Volume annoncé : environ 3,7 Go
  • 85 tables et une archive de 2 626 fichiers joints
  • 3 552 comptes d'utilisateurs et 142 médecins annoncés
  • Provenance annoncée : export de la base de données et de l'espace de stockage de l'application
  • Fichier proposé au téléchargement via un hébergeur grand public

Données concernées :

  • Nom complet et civilité
  • Date de naissance
  • Adresse email et numéro de téléphone
  • Adresse postale, ville et code postal
  • Données de santé et dossier médical (type et stade du cancer, traitements, antécédents, médicaments, questionnaires de qualité de vie)
  • Rendez-vous
  • Données sensibles
  • Données de mineurs
  • Situation familiale
  • Données d'aide sociale
  • Données d'emploi et données professionnelles
  • Contenu de messages avec les équipes soignantes et champs libres
  • Documents, photos et enregistrements vocaux
  • Identifiant utilisateur et identifiant interne

Mentions :
Statut Fuites Infos : Confirmée

Que faire si vous êtes concerné ?

  • Méfiez-vous des e-mails au nom de JinkoDes coordonnées exposées permettent d'écrire des messages d'hameçonnage très crédibles. Ne vous connectez jamais depuis un lien reçu par e-mail : passez par le site ou l'application officiels.
  • Restez vigilant face aux appels et SMSUn faux conseiller peut citer des informations exactes pour gagner votre confiance. Ne communiquez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou vos coordonnées bancaires à un interlocuteur qui vous contacte.
  • Attention aux faux messages de l'Assurance maladie ou d'une mutuelleL'Assurance maladie ne demande jamais vos coordonnées bancaires par e-mail ou par SMS. En cas de doute, connectez-vous directement à votre compte ameli ou à l'espace adhérent de votre mutuelle.
  • Soyez attentif aux tentatives d'usurpation d'identitéSurveillez tout courrier inhabituel ouvert à votre nom : crédit, abonnement, contrat. Si vous constatez une usurpation, déposez plainte et conservez le récépissé, il vous sera demandé pour contester.
  • Parlez-en aux enfants concernésDes messages peuvent viser directement les élèves ou leurs parents. Rappelez-leur de ne pas répondre à un message inattendu qui cite leur établissement ou leur classe.
  • Faites-vous aiderLe dispositif public cybermalveillance.gouv.fr accompagne gratuitement les victimes et recense les arnaques en cours.

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