Illustration : France Travail : fuite revendiquée de 62 848 lignes sur ses agents

France Travail : fuite revendiquée de 62 848 lignes sur ses agents

Les agents de France Travail, des conseillers d'agence aux équipes des directions nationales, sont visés par une fuite de données revendiquée sur un forum cybercriminel. Le 7 octobre 2026, un acteur y a mis en vente ce qu'il présente comme les données des agents de l'opérateur public de l'emploi, soit 62 848 lignes annoncées, qu'il date de septembre 2026.

Capture filigranée et masquée de l'annonce de vente visant France Travail

Annonce publiée le 7 octobre 2026 sur un forum cybercriminel.

Ce que contiendrait l'annuaire des agents de France Travail

France Travail, opérateur public de l'emploi, comptait environ 55 000 collaborateurs en 2024 selon son rapport annuel. Un échantillon de 999 fiches a été publié avec l'annonce. Selon l'analyse de Fuites Infos, cet échantillon a la forme d'un annuaire d'agents, dont le système d'origine n'est pas établi. Chaque fiche réunit le nom, le prénom et la civilité de l'agent, son adresse électronique professionnelle et son téléphone fixe. Un téléphone portable figure sur 709 fiches. S'y ajoutent la fonction, le site et la région de rattachement, un identifiant interne et une indication d'habilitation. L'échantillon couvre les agences de métropole et d'outre-mer comme les services nationaux. Il compte aussi des volontaires en service civique, des apprentis et des conseillers Cap emploi travaillant dans les agences. Il ne contient ni mot de passe ni donnée bancaire.

Le nombre de personnes figurant dans le fichier complet n'est pas connu, et rien n'indique à ce stade comment ces données auraient été obtenues.

France Travail, déjà visé par plusieurs fuites de données

Ce n'est pas la première fois que France Travail est touché par une fuite de données. Les précédentes concernaient surtout ses usagers : environ 340 000 demandeurs d'emploi en juillet 2025, 31 000 dossiers d'allocataires en octobre 2025, puis 1,6 million de jeunes suivis par les Missions Locales en décembre 2025.

Les agents avaient déjà été visés en juin 2026. AkaoLife, un prestataire qui gère des outils RH de France Travail en Île-de-France, a fait l'objet d'une annonce visant des données RH d'agents. Rien ne relie à ce stade cette affaire à l'annonce du 7 octobre.

Pourquoi un annuaire d'agents publics intéresse les escrocs

Ces informations ne relèvent ni de la santé ni des finances des agents. Leur valeur tient à ce qu'elles décrivent : qui travaille dans quelle agence, à quel poste, avec quel numéro. Un tel fichier peut servir à des messages frauduleux crédibles adressés aux agents, imitant un service informatique ou une direction, pour obtenir un accès aux outils internes. Il peut aussi servir à se faire passer pour un conseiller auprès des demandeurs d'emploi, qui connaissent le nom de leur conseiller et de leur agence. Les numéros de portable exposent enfin des agents en contact quotidien avec le public à des sollicitations non désirées. France Travail n'a pas confirmé publiquement ce piratage présumé.

Détails techniques :

  • 62 848 lignes annoncées par l'acteur
  • Échantillon publié de 999 fiches
  • Téléphone portable présent sur 709 fiches de l'échantillon
  • Agences de métropole et d'outre-mer, services nationaux, conseillers Cap emploi
  • Aucun mot de passe ni donnée bancaire dans l'échantillon

Données concernées :

  • Nom, prénom et civilité
  • Adresse email professionnelle
  • Numéros de téléphone fixe et portable
  • Fonction, site et région de rattachement
  • Identifiant interne et indication d'habilitation
  • Lien vers la photo de profil

Mentions :
Statut Fuites Infos : Revendiquée

Que faire si vous êtes concerné ?

  • Méfiez-vous des e-mails au nom de France Travail (Annuaire des agents)Des coordonnées exposées permettent d'écrire des messages d'hameçonnage très crédibles. Ne vous connectez jamais depuis un lien reçu par e-mail : passez par le site ou l'application officiels.
  • Restez vigilant face aux appels et SMSUn faux conseiller peut citer des informations exactes pour gagner votre confiance. Ne communiquez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou vos coordonnées bancaires à un interlocuteur qui vous contacte.
  • Faites-vous aiderLe dispositif public cybermalveillance.gouv.fr accompagne gratuitement les victimes et recense les arnaques en cours.

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