Illustration : Sinequae citée dans une fuite revendiquée de 65 Go de documents

Sinequae citée dans une fuite revendiquée de 65 Go de documents

Des débiteurs visés par des procédures de recouvrement pourraient voir leurs dossiers exposés. Sinequae, étude de commissaires de justice basée à Calais, apparaît dans l'échantillon d'un dépôt de 65 Go publié le 26 septembre 2026 sur le site d'extorsion d'un groupe de rançongiciel, sous le nom de Fiducial. Rien n'établit à ce stade que l'étude détienne ces fichiers.

Capture floutée de la page de revendication présentant le dépôt sous le nom de Fiducial
Page de la revendication, publiée le 26 septembre 2026.

Une étude de commissaires de justice citée dans la revendication

Sinequae est une étude de commissaires de justice, la profession qui a succédé aux huissiers de justice. Elle compte une dizaine d'offices en France, dont le siège à Calais. Elle intervient dans le recouvrement de créances et l'exécution des décisions de justice, des dossiers qui réunissent beaucoup d'informations sur les personnes poursuivies.

Le groupe à l'origine de la publication annonce environ 80 000 fichiers, qu'il dit provenir d'une étude de commissaire de justice française, sans la nommer. Le dépôt est pourtant intitulé Fiducial, du nom d'un groupe français de services aux entreprises. Selon l'analyse de Fuites Infos, l'un des quatre documents publiés en échantillon est un courrier de 2023 à en-tête de Sinequae adressé à une société de recouvrement, les trois autres étant des jugements de 2026 rendus au profit d'un établissement bancaire, qui portent l'identité, l'adresse et les sommes dues de débiteurs particuliers et ne mentionnent pas l'étude.

Ce que contiendraient les dossiers de Sinequae

D'après la revendication, l'archive proviendrait d'un partage réseau et couvrirait les années 2022 à 2026. Elle contiendrait des jugements, des injonctions de payer, des actes de saisie, des inscriptions hypothécaires, des copies de pièces d'identité, des relevés d'identité bancaire et des échanges avec l'URSSAF. Ces éléments sont annoncés mais non vérifiés.

Réunies dans un même dossier, ces informations décrivent la situation financière et judiciaire d'une personne : son identité complète, son adresse, ses dettes et les procédures engagées contre elle. Elles se prêtent à des escroqueries au faux recouvrement, où un courrier ou un appel reprend des références exactes pour réclamer un paiement, ainsi qu'à l'usurpation d'identité si des copies de pièces d'identité circulent. Le groupe annonce la diffusion de l'ensemble pour le 14 octobre 2026.

Fiducial dément toute intrusion

Dans un communiqué du 1er octobre 2026, Fiducial indique n'avoir constaté aucune intrusion sur son système d'information. Le groupe précise qu'un client utilisant un logiciel installé chez lui et édité par Fiducial Informatique a subi une intrusion, sans nommer ce client. Rien n'établit à ce stade que ce client soit Sinequae, et l'étude n'a pas communiqué publiquement sur cette cyberattaque présumée.

Données concernées :

  • Identité complète des débiteurs (nom, date et lieu de naissance)
  • Adresses postales
  • Montants des créances et contrats de crédit
  • Documents de procédure (jugements, saisies, références de dossier)

Données annoncées non vérifiées :

  • Copies de pièces d'identité
  • Relevés d'identité bancaire
  • Numéros de téléphone et adresses e-mail

Mentions :
Statut Fuites Infos : Revendiquée

Que faire si vous êtes concerné ?

  • Surveillez vos relevés bancairesUn IBAN ne permet pas de retirer de l'argent, mais il peut servir à mettre en place un prélèvement frauduleux. Contrôlez vos relevés et contestez auprès de votre banque tout prélèvement que vous n'avez pas autorisé : vous disposez de 13 mois pour le faire.
  • Méfiez-vous des e-mails au nom de SinequaeDes coordonnées exposées permettent d'écrire des messages d'hameçonnage très crédibles. Ne vous connectez jamais depuis un lien reçu par e-mail : passez par le site ou l'application officiels.
  • Restez vigilant face aux appels et SMSUn faux conseiller peut citer des informations exactes pour gagner votre confiance. Ne communiquez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou vos coordonnées bancaires à un interlocuteur qui vous contacte.
  • Soyez attentif aux tentatives d'usurpation d'identitéSurveillez tout courrier inhabituel ouvert à votre nom : crédit, abonnement, contrat. Si vous constatez une usurpation, déposez plainte et conservez le récépissé, il vous sera demandé pour contester.
  • Faites-vous aiderLe dispositif public cybermalveillance.gouv.fr accompagne gratuitement les victimes et recense les arnaques en cours.

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